Quelque chose blanc
(Voici ce qu'un candidat excédé et démoralisé a écrit sur sa deuxième copie de Français)
- Parce que cette situation ne fait que donner raison à celui, celle ou ceux à l’origine de la fausse alerte à la bombe.
- Parce qu’une telle réussite dans le report de l’épreuve ne fait que créer un précédent et laisse entendre que, finalement, les sujets de composition sont au choix : un coup de fil suffit à les faire reporter.
- Parce que je refuse de croire et d’accepter que l’on puisse aussi impunément gratifier la lâcheté et l’égoïsme de quelques élèves inconscients des dimensions que peuvent prendre leurs actes.
- Parce que ce scandale, ce sabotage, favorise une fois de plus les CPGE parisiennes qui, croyant leurs sources sûres, avaient jugé inutile de réviser une œuvre de littérature contemporaine.
- Parce que le concours de l’ENS perd ici toute crédibilité, d’autant plus que les sujets d’histoire et de géographie avaient déjà été longuement étudiés en khôl ou en concours blanc par les élèves d’Henri IV (je veux bien croire aux coïncidences mais tout de même…)
- Parce que le choix de La Chartreuse de Parme ainsi que la citation répond aux prévisions exactes des professeurs de khâgnes parisiennes.
- Parce qu’il est honteux que le choix, original et osé, d’une œuvre de littérature telle que celle de Jacques Roubaud à un concours aussi rigide et scolaire que l’ENS soit ainsi ridiculisé.
- Parce que répondant au sabotage de l’épreuve par le sabotage de ma propre copie, j’en assume l’entière responsabilité en refusant que soit réduit au silence ce qui devrait faire réagir avec violence l’intégralité du corps normalien pour que soient trouvés et punis avec toute la gravité qui en incombe les responsable de ce scandale.
- Parce que, admis ou non, le responsable de cette situation ne fera que décrédibiliser la promotion 2008, ternir l’image de L’Ecole de Normale Supérieur et participer à donner raison à la réputation d’égoïstes, d’arrivistes et de prétentieux prêts à toutes les bassesses pour arriver à leurs fins qu’ont les élèves de CPGE aux yeux du grand public (élèves censés représenter une forme d'élite...).
- Et parce que je refuse d’être assimilé – et par là même que le soient mes camarades – à cette image là, qui n’est en aucune façon représentative de mes années passées en CPGE.
