Le scandale qui a entaché le concours de l'ENS lsh 2008 nous semble révéler (de la part de certaines prépas parisiennes) un sentiment de supériorité et d'immunité similaire à celui des noblesses décadentes d'Ancien Régime. Refusant de prendre le costume de victimes frustrées, bornées et simplistes que l'on veut nous faire endosser, nous avons choisi de répondre à cette comédie par une petite pièce en deux actes.
La décadence du Roy Henri
Au khâgneux extravagant,
Le Roy n'est pas mort, mais sa Cour est décadente. Les Provinces grondent, mais la noblesse fait fi de ces mauvais sujets et se prépare à franchir les portes du Palais, auréolée de son bonheur léger, clair, précaire...
« Dieu! Encore un peu et c'eût été la Révolution, encore un peu et nous en perdions la tête, encore un peu et ces pauvres hères, pouilleux, armés de fourches, prenaient d'assaut la capitale des Gaules! Ils n'ont pas de pain? qu'ils mangent les miettes de brioche que nous daignons leur jeter. Avec leurs cris de République, ces fous nous empêcheraient de jouir de la meilleure des monarchies! »
Dans son château de Saint-Denis, la Cour s'étourdit de fêtes et déjoue les complots en se jouant la comédie. Accrochée à ses ultimes privilèges, ivre du faux honneur des monarchies, vacillant du doute de tout, elle est entrée en décadence: le temps de ses anciennes grandeurs s'est brisé contre les vers dont les galeries vides résonnent encore. Le vernis est écaillé, le brillant a terni, comme si quelque chose noir... Il ne lui reste plus que l'arrogance de ceux qui pensent que l'eau de Seine fait le sang bleu et la dignité fanée des vieux monuments.
Dormez tranquille braves gens, le Roy n'est pas mort, il a échappé à l'attentat. Dormez tranquille braves gens, le jour viendra où ces beaux monuments d'éternelle structure s'effondreront sous le poids de leur vanité.
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Commentaire
Cette réponse, très appropriée aux événements, est en tout cas beaucoup plus élégante que l'alerte à la bombe du 22 avril. Il ne s'agit pas, vous l'aurez compris, de viser Henri IV en particulier, mais ni Condorcet, ni Fénelon n'étaient rois...
