Si l'on devait qualifier l'attitude des personnages de La Chartreuse de Parme face à la vie, l'on ne saurait trop dire qu'ils glissent sur elle, comme la barque glisse sur le lac de Côme, comme les notes de musique glissent sur le paysage enchanteur. Tout passe, ils passent sur tout, et rien n'est finalement trop grave, sinon la perpétuelle chasse au bonheur. Comme l'écrivait Gracq, quand on entre en Stendhalie, "le poids du monde s'allège". Ainsi Fabrice peut-il s'évader en "glissant sur la corde et jugeant les divers incidents de sa vie", ainsi Mosca peut-il qualifier de "malheureux événements" une révolte réprimée dans le sang.
Alors, je nous en prie, élevons notre âme à la hauteur de ces personnages sublimes, glissons, passons, ne nous arrêtons pas sur les malheureux événements, désagréments, incidents qui sont sur-venus récemment, restons en surface... A notre tour, rentrons dans l'ombre et le silence...
Les prépas de Province étaient vides, les comtes immensément riches, le Prince adoré de ces sujets (à défaut du contraire) qui comparaient son règne à celui des plus grands rois de France...
Fais tourner ce blog
Commentaire
"Khagneuse", merci pour cette contribution. Par honnêteté intellectuelle (ceux qui nous en croyaient dépourvus seront une nouvelle fois déçus), il faut rectifier la fin du second message.
Je cite quant à moi Baptiste Coulmont: "Rassurez vous, les copies sont remélangées avant d’arriver chez les correcteurs. La copie du candidat du lycée X qui passe l’épreuve dans la région Y ne sera pas entourée de copies de la région Y."
Nous sommes un peu lassés de devoir sans cesse nous justifier et déjouer les simplifications. Nous ne dénonçons pas tous les candidats parisiens de toutes les prépas parisiennes, loin de là, nous en connaissons qui avaient bien révisé Roubaud! Simplement, nous interrogeons un système qui a bien failli tomber le masque le 22 avril, et ceux qui bénéficient de ce système sont à Paris, sont dans les grandes prépas parisiennes. Par exemple, une candidate a fait un malaise dans un centre de Bordeaux le 22 avril: les élèves ont dû cesser de composer pendant 45minutes et ont terminé 45minutes plus tard que les autres. Il n'a jamais été question d'annuler l'épreuve. Qui même en aurait parlé?

Je me permets de citer ici deux commentaires (postés sur un autre blog mais sur le même sujet) qui me semblent révéler l'état d'esprit général...
Source: http://coulmont.com/blog/2008/04/23/concours-ens-bl/
Pauline (de province) (26/04/2008 à 17:17)
"Résultat des courses : Stendhal. Joie ou déception, qu’importe, la véritable justice aurait été un nouveau sujet sur Roubaud, pour véritablement laisser une chance (minime !) aux petits provinciaux, déjà dépités par l’histoire (Riches et pauvres ! Je crois que là j’appartiens au clan des pauvres, qui y ont laissé leurs chemises, ayant travaillé plutôt la question de l’insularité que les questions sociales) et démoralisés par le fait de revenir samedi.
En tout cas, bravo à l’auteur de ce coup de fil anonyme, pas pour m’avoir permis de me rattraper (Roubaud m’allait bien, Stendhal aussi, mais entre les deux, même si mon coeur balançait, nous n’avons pas eu le choix grâce à ce coup de fil), mais pour avoir montré que si le sujet ne nous plaisait pas, il suffisait de le changer ! Mais où va-t-on ? Comment, après cela, dire qu’un concours est équitable ? Déjà qu’un concours, c’est une question de chance pour le sujet, comment peut-on désormais assurer un minimum d’égalité entre tous ?
Je suis estomaquée, sans voix face à cet acte d’une lâcheté incroyable."
Mathilde (26/04/2008 à 19:21)
"Les réactions sont similaires pour tout le monde, c’est injuste. Est-ce pour autant plus équitable d’avoir fait repasser l’épreuve ?
Je suis d’accord avec ces deux points de la pétition :
<> C’est donc donner raison au(x) saboteur(s).Si celui/ceux-ci voulaient l’ens, ils ont , par la suite pu être favoirsé par le second texte qui était fort attendu et espéré ! Y a t’il moyen de le(s) faire interpeller et de le(s )retrouver ? Si on le(s) retrouve, que risque t’il ? J’espère au moins qu’il sera interdit d’épreuves avec la période la plus longue qui soit -six ans il me semble, sans pouvoir passer aucun concours ni aucun examen et je lui /leur souhaite de ne pas intégrer l’ens si c’est cela qu’il(s) voulai(en)t !
<>; Pourquoi , dans ce cas, dans une optique d’équité, ne pas avoir fait arrêter l’épreuve à toute la France, auquel cas tous les élèves auraient été dans le même cas de figure ,non? Epreuve non terminée pour tout le monde mais corrigée ! Pas d’injustice avec un sujet qui a pu désavantager certains qui pensaient avoir réussi mardi tandis que d’autre se voyaient avantagés par un sujet qu’ils avaient râté mardi !!!
j’aurai quant à la 3e proposition un peu plus de retenue : <> Certes, l’épreuve est dure mais elle fût dure pour tout le monde, à Metz là où je passe le concours, les surveillants d’épreuve ont eu l’intelligence de nous annoncer la nouvelle en sortant de l’épreuve d’histoire , quand je vois que certains l’ont appris pendant l’épreuve d’histoire les pauvres… Il n’y a pas d’équité puisque c’est un concours et l’équité existerait si et seulement si nous avions tous les mêmes professeurs (d’où les mêmes interros, les mêmes cours…) , or tel n’est pas le cas ! Quand on sait que le dernier cours à Fénélon fût l’intitulé exact de la dissert’ d’histoire, il y a des questions à se poser … De même quand des élèves parisiens peuvent venir dans les centres d’examens en province , en affichant ouvertement le fait de pouvoir intégrer plus facilement, car se trouvant au milieu d’un paquet de copies “moins bonnes” , pour ne pas dire médiocres ; l’équité n’est pas là ! Je terminerai ainsi par Corneille, même si je n’envisage nullement l’intégration : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire!"